Masaka No Mainichi まさかの毎日

"Masaka no Mainichi" (まさかの毎日)se veut être un blog racontant le Japon de tout les jours, un Japon autre que ce que l'on peut voir à la télé. Donc culture, insolite et routine seront les maîtres mots!

24 mai 2008

渡航と悩み

"tokou to nayami","voyage (sans retour) et hésitation".

Un ami m'appelle hier soir. Il connaît le Japon pour y avoir vécu une année complète en tant qu'étudiant. Amateur de sushi et de reishu en accompagnement il hésite grandement à venir s'installer au Japon prochainement (histoire de cœur quand tu nous tient).

Trouver un travail ici n'est pas facile. Je ne sais plus combien de fois j'ai pu le dire et l'écrire. Certains me contrediront car il est plutôt simple de postuler pour un poste de professeur de langue. Seulement voilà, mon ami, lui, souhaite venir au Japon en tant qu'immigrant, pas en tant que guignol.
Lui souhaite être considéré sur ses qualités linguistiques, ses connaissances dans des domaines tels que l'économie, etc. Il ne lui reste donc que deux choix, et ils sont simples:

Premier choix, partir au Japon comme expatrié. Beaucoup de gens font là un amalgame sur le mot "expatrié" du genre "oui, il travaille à l'étranger, c'est un expat'!". Oui peut-être, mais seulement dans le cas où son employeur est français et qu'il est envoyé donc par son entreprise travailler dans une branche délocalisée. Pour cela il faut avoir de la bouteille ou bien avoir un niveau de qualification pointu.

Deuxième choix, se lancer dans l'aventure (mon choix en l'occurrence), ce qui demande du temps et de l'argent avant de trouver un vrai travail. Alors là oui! Dans ce cas un petit boulot de prof ou de faux curé ou autre pour une courte période, histoire de ne pas prendre les tatamis du salon pour des steaks de Kobe-gyu et de survivre, peut servir! Mais attention à ne pas trop en faire!
Imaginez-vous à un entretien:
"-Depuis votre arrivée au Japon, dans quels domaines avez-vous exercé?
-Et bien, euh, j'ai été professeur de français sur Kobe.
-Combien de temps?
-2 mois? Ou un peu moins...
-Ah... vous n'étiez donc pas employé! Et pourquoi?
-...euh... J'ai aussi fait curé pour les mariages dans les grands hôtels...
-Vous êtes catholique, protestant???
- Athée..."
Oui, c'est un peu tiré par les cheveux mais sachez que les employeurs peuvent demander à voir votre passeport, c'est légitime, ils ne veulent pas avoir de problèmes avec l'immigration. Et lorsque vous avez 2 ans de Japon derrière vous et aucune "vraie" expérience du travail... ça la fout mal!

Vous voilà au Japon depuis, allez, on va dire 10/15 ans. Vous avez une femme japonaise, un ou deux enfants. Vous n'avez été jusque là seulement prof de langue, pas besoin de parler japonais, votre niveau est donc médiocre. Lors d'une rencontre sportive à l'école de votre chérubin on vous parlera sûrement sauf que vous ne pouvez pas bien répondre.... mmmmh, bien l'intégration! Et puis votre enfant vous demandera ce que vous faites, mais vous êtes un faux curé depuis 8 ans, et non croyant, pas trop envie de dire ça à mon gosse, mais cela n'engage que moi! Je n'ai pas envie d'être un associable.

Les japonais ont bien malheureusement créé de pauvres "emplois" pour étrangers. Pour un emploi normal il faut vraiment trimer et y aller au culot, et surtout en vouloir!!!

Donc voilà mon conseil! Venez au Japon avec l'idée en tête de faire les choses normalement, un boulot normal même si moins bien payé qu'un boulot fait pour vous tenir à l'écart de la société japonaise, apprendre la langue, regarder la télé japonaise (même si c'est pas très intéressant mais faut bien se tenir au courant!).


Posté par MiSoSoUp à 12:34 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

re

Coucou

Je suis ravi d'avoir été la source d'inspiration de ton article ^^.

Tu as tout à fait raison, je n'ai pas grand chose à ajouter.
Mais à vrai dire je pensais à une troisième possibilité, qui revient certes à se lancer à l'aventure mais sans directement faire partie du système japonais...à savoir monter un commerce.
Comme par exemple, une crèperie, un bar à vin ou un magasin de ce genre là. Après, faut quand même mesurer le pour et le contre : est-ce rentable ? peut on vivre décemment ?. J'ai vu que dans beaucoup de cas, un permis était requis. Faut également voir au niveau de la législation japonaise au niveau du droit commercial. Quels sont les spécificités d'une entreprise individuel ou d'une EURL/SARL au Japon, par exemple.
Projet réaliste ou utopique ? j'en ai aucune idée...

Bonne continuation en tout cas

Posté par buyu, 28 mai 2008 à 18:11

sans

"Certains me contrediront car il est plutôt simple de postuler pour un poste de professeur de langue. Seulement voilà, mon ami, lui, souhaite venir au Japon en tant qu'immigrant, pas en tant que guignol."

Belle mentalité ! On comprend mieux maintenant pourquoi pas mal de japonais (dont ma femme) trouvent les français installés au japon carrément prétentieux !
Professeur de français au japon, même dans une "boite à langues" n'a rien de guignolesque, à fortiori lorsque ledit professeur est titulaire d'un master an langues.
Ce qui est guignolesque à mon avis, c'est qu'un français installé au japon comme toi cherche à tout prix à singer les japonais dans leur langue, leur façon de penser, leur façon de travailler, etc, etc...
Tu as peut-être un peu oublié tes origines, et c'est bien dommage car ce sont elles qui, physiquement, rappellent chaque jour à tous les japonais que tu croises que tu ne seras jamais un des leurs...

Posté par fred, 08 juillet 2008 à 06:17

pas évident

Fred, Je pense que mon ami MiSoSoUp n'a pas voulu descendre tous les types travaillant dans des "boîtes à langues". Il y a évidemment de bons profs qui prennent leur boulot au sérieux et qui sont de vrais linguistes de vocation dont vous faites partie je n'en doute pas.
Maintenant, soyons honnête, dans ces boîtes là, beaucoup ne font que profiter du système japonais et ne font ainsi aucun effort d'intégration. J'en veux pour preuve les 80% de gaijin qui ne parlent pas un mot de japonais après avoir passé dix ans sur place.
Comme vous l'avez dit, un "gaijin" reste un "gaijin" même en maniant mieux la langue japonaise qu'un natif. Seulement, en temps que "gaijin", les possibilités sur le plan social sont limitées.
- Rester dans sa bulle de gaïjin
- être dans une situation "中途半端"
- essayer de s'assimiler le mieux possible

Dans le cas où une personne souhaite vivre jusqu'à la fin de sa vie au Japon, ce qui est le cas de MiSoSoUp : perdre son identité pour s'assimiler à celle de son pays d'accueil me parait la solution la plus rentable, surtout dans le cas du japon. En un example, on pourrait citer la relation entretenue avec les beaux parents.

Voila, je ne critique pas votre point de vue. Chacun gère sa vie comme il le souhaite ^_^

Cordialement

Posté par buyu, 08 août 2008 à 03:50

Boites a langues?

Bonjour,


Me promenant sur le web par ci par la, je tombe sur ce petit blog sympathique et de la découle en moi l´envie de poser quelques questions a des personnes qui, me semble-t-il, sont directement concernées.

Voila... ayant postulé pour un poste de "professeur" de francais chez NOVA récemment, j´ai appris que la boite avait fait faillite et n´existait plus. Bonheur. Moi qui comptais bien entendu profiter du systeme japonais quelques années, eh bien mon espoir est retombé. Non, plus sérieusement, j´apprends la langue japonaise (meme si mon niveau est encore petit), je vais passer le 3kyuu du JLPT dans 3 semaines, suis expatrié donc connais la sensation d´etre "lost in translation" ou d´avoir un mode de pensée tres différent des locaux d el´endroit ou l´on vit et travaille... seulement voila : s´il m´a été facile de trouver un emploi d´enseignant en Irlande, en Écosse et maintenant en Islande ou je vis depuis presque 2 ans, c´est parce que je me débrouille bien en anglais et en islandais. Le probleme du Japon, c´est que meme si j´atteins un niveau correct de japonais, les écoles de langue japonaises ne semblent rechercher que des "native speakers" en anglais!

J´ai donc plusieurs options aujourd´hui :
1. perséverer dans ma recherche d´un emploi de professeur de francais aupres d´organismes comme GEOS, BERLITZ etc.

2. attendre un peu que mon japonais s´améliore (peut etre le 2 kyuu l an prochain si je me brosse les bras... "ude o migaku" plus sérieusement et bosse comme un malade)et postuler pour le JET puroguramu. Mais pourquoi me choisirait-on alors qu´un bon millier d´otakus en tout genre postule chaque année? (bon j ai deja ete assistant a l etranger et ai un bac + 5 peut etre qu avec un peu d espoir et un bon entretien ca marcherait)

3. épouser une japonaise, non ca ne marcherait meme pas vu que je suis homo... bon bref peu d´options quoi.

Des idées de la part d´expérimentés du Japon ?

Posté par Nolan, 17 novembre 2008 à 01:01

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